Role

UX/UI Designer

Ecosystème

Blockchain / DeepTech

Durée

Sept. 2024 - Sept.2025

Role

UX/UI Designer

Ecosystème

Blockchain / DeepTech

Durée

Sept. 2024 - Sept.2025

Contexte

J’ai eu la chance de réaliser mon alternance chez iExec, une entreprise évoluant dans l’écosystème blockchain.

Intégré à l’équipe Product Design, j’ai contribué à plusieurs projets UX portant sur de la recherche utilisateur, de la conception d’interfaces, jusqu'à la réflexion de parcours utilisateurs. Dans cet environnement encore en structuration, mon rôle, avec le reste de l'équipe a été d'installer progressivement une approche design plus structurée.

En parallèle, mon mémoire sur l’engagement et les émotions en UX a servi de fil conducteur. Il ne s’agissait pas d’un simple travail théorique isolé, mais d’un support pour m'aider à concevoir des interfaces qui peuvent rassurer, motiver et engager.

Créer de l’engagement dans un environnement blockchain complexe

Dans le Web3, les standards sont différents que dans nos interfaces plus "traditionnelles", les temps d'attentes sont plus élevés, le vocabulaire employé est moins accessible, et la responsabilité est accrue. L’utilisateur lutte souvent pour comprendre ce qu’il est en train de faire et chaque interaction peut rapidement devenir source d’incertitude.

En arrivant chez iExec, j’ai vite compris que le défi n’était pas uniquement fonctionnel ou visuel. Derrière chaque friction se jouait quelque chose de plus large : la capacité d’un produit à susciter de la compréhension, de la confiance et finalement de l’engagement.

Cette réflexion s’inscrit directement dans la problématique qui a guidé mon mémoire : comment l’UX peut-elle permettre à un produit digital de créer de l’engagement et des émotions ?

Les projets présentés ici montrent comment cette problématique s’est concrètement traduite dans mon travail. Entre observer les usages réels, identifier ce qui bloque ou freine l’adhésion, et concevoir des solutions mesurables, pensées pour rendre l’expérience plus claire, plus rassurante et plus engageante.

Le site vitrine, ou comment instaurer la confiance dès le premier contact

L’un de mes premiers sujets a été l’audit du site vitrine. Plusieurs incohérences visuelles et problèmes responsive avaient été signalés. L’enjeu dépassait la simple esthétique, dans un univers blockchain où la confiance est centrale, la première impression conditionne fortement la perception du produit.

Avec Samia, UX/UI designer, nous avons réalisé un audit heuristique complet pour recenser les frictions. Ce travail m’a amené à harmoniser les écrans, corriger les variations entre supports et reconstruire certains composants afin d’assurer une cohérence graphique et fonctionnelle sur l’ensemble du site.

Au-delà des corrections, ce projet a posé une base essentielle et nous a permis d'avoir un langage visuel plus stable, capable de rassurer l’utilisateur dès les premières secondes, et de renforcer la crédibilité perçue de la plateforme.

Les personas, ou comment mettre un visage sur nos utilisateurs

Pour éviter de concevoir sur des suppositions, nous avons lancé une recherche utilisateur via un questionnaire diffusé avec Emily, ma manager. Quarante réponses ont été recueillies, permettant d’explorer usages, motivations, objectifs et frustrations.

J’ai ensuite consacré plusieurs semaines à analyser ces données, segmenter les profils et identifier des tendances claires. Deux grands types d’utilisateurs se distinguaient : des profils déjà familiers du Web3, en quête d’outils performants, et des profils plus curieux mais freinés par la complexité technique.

Ce travail a changé la manière d’aborder les décisions design : il ne s’agissait plus d’améliorer une interface abstraite, mais de concevoir pour des personnes concrètes, avec leurs attentes, leurs craintes et leurs objectifs. La conception devenait alors une réponse humaine à des besoins réels.

La Builder Journey, ou comment transformer un parcours technique en expérience fluide

Le parcours destiné aux développeurs présentait un taux de complétion de 5%, révélant un problème d’engagement. Plutôt que de chercher immédiatement des solutions d’interface, nous avons commencé par comprendre le parcours existant.

Avec Martin, DevRel, nous avons cartographié la journey sur Miro, identifié les points de confusion et repéré les étapes générant le plus de frustration. Ce travail a permis de repenser la structure globale, clarifier l’ordre des informations et introduire davantage de repères et de feedbacks pour réduire la charge cognitive.

À ce stade du projet, les solutions proposées n’étaient pas encore déployées, ce qui ne permettait pas d’observer des résultats concrets ni de disposer de données d’usage pour en mesurer l’impact. J'ai identifié plusieurs pistes de suivi pour mesurer l’efficacité des évolutions : mise en place d’indicateurs de complétion du parcours, observation des interactions clés, analyse comportementale (heatmaps, enregistrements de sessions), enquêtes de satisfaction post-interaction ou encore A/B testing sur certaines étapes critiques. Ces outils permettraient, une fois le projet déployé, d’objectiver l’impact des choix de conception et d’inscrire l’amélioration de l’expérience dans une logique itérative.

Même si toutes les décisions finales ne dépendaient pas de moi, cette phase a été déterminante : elle m’a permis de contribuer activement à transformer un processus anxiogène en expérience plus progressive, compréhensible et engageante.

L'académie, ou comment communiquer avec nos utilisateurs

J'ai également fait une refonte complète de l'académie, notre section articles. Elle n'était plus en accord avec la direction artistique de l'entreprise, et n'avait pas encore été modifié depuis l'audit que j'avais réalisé avec Samia au début de mon alternance. Pour cela, après avoir fait un benchmark et un audit de l'existant, j'ai utilisé Figma pour le redesign, et Webflow pour l'intégration.

Le design system, ou comment structurer la cohérence produit dans la durée

En parallèle des projets visibles, j’ai fortement contribué à l’évolution du design system sur Figma.

J’ai participé à la création et structuration de plus de quarante composants réutilisables, dont un menu de navigation particulièrement complexe pour le site vitrine. Ce composant intégrait plusieurs niveaux de navigation et a été décliné pour mobile, tablette et desktop.

Ce travail a permis de réduire les incohérences dans nos interfaces, mais également d'accélérer la conception tout en instaurant un référentiel commun entre design et développement. Au final, une expérience utilisateur plus cohérente et fluide avec une collaboration design-dev nettement plus efficace.

La gamification, ou comment transmettre de l’émotion dans un processus fonctionnel

Lors du hackathon interne, le projet portait sur la mise en place d’un parcours de KYC dans un environnement blockchain. La faisabilité technique représentait un véritable enjeu, notamment en raison des contraintes liées à la vérification d’identité et à l’intégration Web3. Mais au-delà de la technique, l’expérience utilisateur constituait également un point critique : le KYC est un moment contraignant, souvent perçu comme lourd et anxiogène.

Je me suis appuyé sur les réflexions développées dans mon mémoire pour analyser ce parcours sous l’angle émotionnel. J’ai identifié les étapes susceptibles de générer friction, perte de contrôle ou découragement, puis travaillé sur la clarification du flow, la mise en visibilité de la progression et l’introduction de micro-feedbacks rassurants.

L’objectif n’était pas de “gamifier” artificiellement le processus, mais d’y intégrer une dimension plus engageante et plus humaine : retravailler le wording, rythmer les étapes, introduire des interactions légères permettant de soutenir le sentiment d’avancement tout en conservant la rigueur attendue d’un processus réglementaire.

Le projet étant exploratoire, il n’a pas encore pu faire l’objet d’une mesure concrète. Néanmoins, plusieurs indicateurs avaient été envisagés pour évaluer son impact : taux de complétion du KYC, abandons intermédiaires, temps passé par étape ou ressenti post-parcours. Cette réflexion m’a permis d’aborder l’engagement non comme un simple effet d’interface, mais comme un levier mesurable et stratégique.

Le Design Club, ou comment installer une culture UX durable

Au-delà des projets produits, j’ai aussi contribué à faire vivre la culture design en interne via des moments d’échange, de veille et de partage de pratiques que l'équipe Product Design organisait 1 fois tous les trimestres.

Dans un environnement où l’UX n’était pas encore pleinement structurée, ces initiatives jouaient un rôle important. Elles permettaient de rendre le design visible, compréhensible et utile pour les équipes techniques et produit et participaient à installer progressivement une vision commune de l’expérience utilisateur comme levier stratégique.

Au sein de l'équipe Product Design

Travailler aux côtés de professionnels UX expérimentés, actifs dans le milieu depuis plusieurs années, a été extrêmement enrichissant. Leur rigueur et leur approche sur chaque projet m’ont inspiré au quotidien, m’ont appris à structurer mes idées et à professionnaliser ma pratique, et m’ont permis d’adopter une posture plus mature et réfléchie en tant que designer UX.

Aussi, évoluer dans un environnement technique comme celui de chez iExec m’a appris que la qualité d’une expérience utilisateur dépend rarement d’un designer seul, mais plutôt de la capacité collective à comprendre un problème et converger vers une solution.

Les échanges avec les développeurs, les retours terrain transmis par le Martin, le DevRel, ou encore les discussions produit ont nourri chaque projet. Dans un contexte où la culture UX était encore en structuration, cela impliquait aussi d’expliquer la démarche, argumenter certaines décisions et montrer concrètement la valeur du design.

Cette dimension collaborative a profondément influencé ma posture : concevoir, mais aussi écouter, traduire, aligner et embarquer.

Comment mon mémoire a nourri ma pratique

Plutôt que d’être un travail académique isolé, mon mémoire a servi de cadre d’analyse pour relire chaque projet.

  • L’audit du site illustrait le rôle du design viscéral dans la création de confiance.

  • Les personas confirmaient que l’engagement commence par une compréhension réelle de l’utilisateur.

  • La Builder Journey montrait comment réduire la charge cognitive influence directement la motivation.

  • La gamification démontrait que des émotions positives peuvent transformer la perception d’un produit.

Avec le recul, ces projets racontent la même histoire : l’engagement utilisateur ne se décrète pas, il se construit étape par étape par la confiance, la compréhension et l’expérience vécue.

Conclusion & impact

Cette alternance m’a permis de comprendre que l’UX, particulièrement dans un environnement blockchain, joue un rôle fondamental de traduction entre complexité technologique et expérience humaine. Concevoir dans ce contexte, ce n’est pas simplifier la technologie, mais la rendre intelligible, accessible et émotionnellement acceptable.

Au fil des projets, j’ai contribué à structurer des bases durables : harmonisation de nos interfaces, clarification des parcours, ancrage des décisions dans une meilleure compréhension des utilisateurs et réflexion sur la mesure d’impact. Même si les résultats restent à consolider, je crois que les fondations posées participent à installer une culture UX plus solide et plus stratégique.

Cette expérience m’a aussi appris que le rôle du designer dépasse la production d’interfaces mais il s’agit avant tout d’argumenter, de collaborer, de faire émerger une vision commune et de défendre l’expérience utilisateur dans des environnements où elle n’est pas toujours prioritaire. Cette posture de facilitateur et de pédagogue est devenue petit à petit centrale dans ma manière de travailler.

Pour la suite, je souhaite continuer à développer une pratique du design à la fois exigeante et engagée en concevant des expériences cohérentes, mesurables et émotionnellement pertinentes, tout en gardant une vision stratégique du produit. Créer de l’engagement ne relève pas du hasard, mais c’est le résultat d’une compréhension fine des usages, d’une rigueur méthodologique et d’une attention constante à l’humain derrière la technologie.

Merci pour votre lecture :)

© Anthony Clemenson 2026

© Anthony Clemenson 2026

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